Une femme est plus qu’une paire de seins, voici une affirmation qui peut paraître tellement évidente qu’on se demande pourquoi en faire un article, n’est-ce-pas ?

Le problème de notre société est que nous avons enfermé la féminité dans la norme TMD : talons, maquillage, décolleté. Non seulement le monde dicte ce qu’est ou n’est pas une femme, mais en plus il use de tout un système pour faire croire aux femmes qu’il existe un label barbie sans lequel elles ne pourront prétendre au prince charmant et à une vie réussie.

Femme sois parfaite, et désirable tu seras” matraque chaque industrie du textile et des cosmétiques à coup de pubs qui pendent au nez d’une jeunesse en attente du prochain bus pour l’école…

Ainsi, on en vient à devoir rappeler l’évidence : une femme est plus qu’une paire de seins. Puisque les injonctions à la beauté féminine concernent toutes les femmes, je me questionne : c’est quoi une “vraie femme” ?

Faut-il avoir deux seins pour être une vraie femme ?
Faut-il être mère pour être une vraie femme ?
Faut-il être parfumée à outrance, posséder le dernier sac à main à la mode, être totalement épilée et avoir un regard sauvage qui dit à qui veut bien l’entendre “j’ai deux seins et ils sont à toi !” pour être une vraie femme ?

J’ai observé 5 personnalités qui prouvent qu’une femme est bien plus qu’une paire de boobs…

Qui osera dire à Sandrine qu’elle n’est pas une “vraie femme” parce qu’après une mastectomie, elle a choisi comme 78% des femmes dans son cas de ne pas avoir recours à une reconstruction ?

Qui osera dire à Mylène qu’elle n’est pas une “vraie femme” parce qu’elle fait partie de la grande famille des Amazones, du nom du peuple mythique des femmes guerrières qui se coupaient un sein pour mieux tirer à l’arc ?

Qui osera dire à Camille qui se change dans les vestiaires de la salle de sport, qu’elle serait quand même plus une “vraie femme” avec des seins sans cicatrice ?

Qui osera dire à Daphné qu’elle n’est pas une “vraie femme” parce qu’elle a un tatouage post-cancer à la place du téton droit ?

Qui osera dire à Roger qu’il n’aime pas les “vraies femmes” parce qu’il a de toutes façons toujours préféré les cuisses, fesses, hanches de sa compagne que le reste de son corps ?

Le constat est triste.
On sexualise très tôt les petites filles leur faisant croire (comme aux petits garçons) que la féminité se résume à deux seins parfaitement ronds, symétriques, fermes et clivants. Bref, le combo d’une poitrine parfaite quoi.

On oublie d’enseigner que “la beauté est dans l’oeil de celui qui regarde” (Oscar Wilde) et qu’on est “plus près du coeur quand la poitrine est plate” (Louis Bouilhet).

Ou comme le dit mon amie Solange Raby dans son livre à paraître : « La vie c’est plus qu’un sein ».